Archives mensuelles : décembre 2011

Esprit de Noël   

C’est quoi, la meilleure mort ? – Mourir sans s’y attendre et sans s’en rendre compte, sans jamais pouvoir « faire le point », sans pouvoir se dire « j’ai vécu » ? – Mourir trop vieux ou souffrant, déprimé, las ou malheureux, et … Continuer la lecture

C’est quoi, la meilleure mort ?
- Mourir sans s’y attendre et sans s’en rendre compte, sans jamais pouvoir « faire le point », sans pouvoir se dire « j’ai vécu » ?
- Mourir trop vieux ou souffrant, déprimé, las ou malheureux, et donc soulagé de pouvoir enfin mettre fin à ce calvaire ?
- Mourir contre sa volonté, en voulant vivre, dans un paroxysme d’horreur, enragé et terrifié par l’impensable ?

Quand j’avais 13 ans, à la période de Noël (la veille ou le lendemain, je ne sais plus), je m’étais dit que le but de la vie, c’était sans doute d’apprendre à ne plus avoir peur de la mort. (Par ailleurs, quelques heures plus tard, j’avais « réglé » le problème en me disant que finalement, naître à partir de rien -et savoir que j’avais des cousins pas encore conçus qui allaient naître-, c’est tout aussi impensable et monstrueux que mourir.)
Mais je me demande si c’est possible. On peut ne pas être terrifié par la mort dans l’absolu, sans pourtant en refouler la pensée, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse affronter l’instant précis de la mort sans aucune peur, à moins peut-être d’avoir l’esprit très embrumé à ce moment-là.
Et je me demande s’il a existé un jour une personne sur Terre à avoir pensé, à son dernier instant : « J’ai eu une belle vie, je ne regrette rien, et je suis heureux de mourir maintenant. Pouët. ». J’en doute. Je ne crois pas qu’il y ait de bonne mort.

Le plus chiant dans tout ça, c’est que l’instant le plus terrifiant de la vie se situe très exactement à sa fin. Pas moyen de s’en débarrasser avant, pour pouvoir souffler et construire ensuite. Le dernier instant gâche tout.
Le seul avantage de mourir tôt, c’est peut-être d’éviter de vivre la mort des autres.

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Orgueil   

On enfante pour ressentir un peu de bonheur, atténuer sa peur de la mort, et donner un peu de sens à sa vie. Le nouveau venu, qui jusqu’alors n’existait pas, ne désirait rien et n’avait besoin de rien, est catapulté … Continuer la lecture

On enfante pour ressentir un peu de bonheur, atténuer sa peur de la mort, et donner un peu de sens à sa vie.
Le nouveau venu, qui jusqu’alors n’existait pas, ne désirait rien et n’avait besoin de rien, est catapulté dans un univers absurde, injuste et vain, et, désormais condamné à mort, sera forcément tenté d’en faire autant.
Au fond, enfanter, c’est pratiquer une espèce de vente pyramidale.

Note 1 : L’adoption ne vient naturellement à l’esprit de personne.
Note 2 : On enfante en admettant implicitement qu’on sera un bon parent, qu’on ne transmettra que de bonnes choses, qu’il est indispensable qu’une part (majeure) de nous soit transmise (et notamment la part génétique), et que l’enfant, une fois adulte, sera bon, sain de corps et d’esprit, et mènera une vie heureuse (et qu’il aura une empreinte écologique négative…). Un résultat qui n’est pourtant obtenu qu’une fois sur 10 millions (et encore…).

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