Souvenez-vous…

Alors ? Pouvez-vous répondre à cette question ?

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Etats d’âme

Je ne suis pas misogyne, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas misandre, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas transphobe, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas homophobe, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas hétérophobe, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas raciste, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas spécistophobe, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas végéphobe, je déteste tous les humains de la même haine.
Je ne suis pas misanthrope, je… Ah si.

(Sincèrement, en cette merveilleuse soirée d’Hiver, je pense que l’humanité est composée de 100% de gros.se.s con.ne.s.)

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Métaphores

Quand on parle de transgressions des droits des humains (violences physiques, violences sexuelles, privation de liberté, etc.), on lit/entend parfois des métaphores de ce genre, des métaphores violentes et choquantes :
« Ils étaient parqués comme du bétail. »
« Ils étaient en cage, comme des animaux en batterie. »
« Ils sont traités comme des animaux. »
« Tous ces morts… C’était une vraie boucherie. »
« Ces femmes sont vendues comme des morceaux de viande. »
« C’est une mission suicide, ces soldats sont conduits à l’abattoir. »
… et certainement tout un tas d’autres que j’oublie, sur le champ lexical animaux/élevage/mise à mort d’animaux/viande/exploitation animale.

En parlant de souffrances humaines, on lit/entend beaucoup plus rarement :
« Ils étaient parqués comme des carottes dans un potager. »
« Ils étaient en cage, comme des tomates en serre. »
« Ils sont traités comme des pommes de terre. »
« Tous ces morts… C’était une vraie compote. »
« Ces femmes sont vendues comme des morceaux de pommes. »
« C’est une mission suicide, ces soldats sont conduits au pressoir à raisins. »
… et je ne suis pas tout à fait sûr que l’effet émotionnel soit le même.

Enfin, je ne sais pas, mais ça aurait tendance à me mettre la puce à l’oreille sur le fait qu’il y aurait comme un malaise quelque part.

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Evidence

Quand il y a problème, le seul moyen de le résoudre, c’est de changer les choses, changer ce qui cause le problème. Si tout reste inchangé, on ne peut pas espérer que le problème disparaisse.

Quand on a un problème de société, le seul moyen de le résoudre, c’est de changer la société. La société, c’est l’ensemble des gens. Changer la société, ça signifie changer certains comportements, croyances, habitudes d’une partie des gens. Donc changer la société, ça veut dire trouver des gens qui acceptent de changer. On ne peut pas espérer trouver quelque part des gens -suffisamment de gens- qui acceptent de changer si on n’est pas capable soi-même d’envisager le changement, l’évolution de certains de nos comportements, croyances, habitudes.
Et un problème de société, c’est quelque chose d’ancré dans les gens, dans les comportements, les croyances, les habitudes. On ne peut pas espérer identifier le problème, si on ne trouve personne capable d’identifier le problème dans ses propres comportements, croyances, habitudes. Pour rendre visible le problème chez autrui, il faut déjà être capable de l’identifier en soi.

Quand on a un problème de société, le seul moyen de le résoudre, c’est d’accepter de voir ses propres erreurs, et d’accepter d’évoluer soi-même.

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Se mettre au végétarisme/véganisme, c’est simple ?

Alors, est-ce que se mettre au végétarisme/véganisme, c’est simple, dans la société actuelle ? Est-ce que c’est plus cher ? Est-ce que c’est toujours possible ? Est-ce que tout le monde peut le faire ?

Mon avis, en toute honnêteté ?… Je n’en sais rien. Je ne m’en souviens plus. J’ai pris mes habitudes, et ça ne me pose pas trop de problème. La situation n’est pas la même pour tout le monde. Certaines personnes, très rares, ont de vraies maladies qui rendent la transition difficile. Mais certainement pas toutes celles qui s’en déclarent. Certainement pas les 95% de la population qui affirment, sans en avoir aucune idée, sans avoir jamais testé, par une formidable intuition mystique, que leur métabolisme à elles/eux ne le permet pas. Et certes, certaines personnes vivent dans un milieu social où c’est plus compliqué. Plus de pression sociale. Plus de végéphobie dans la famille, dans les institutions, etc. Moins de choix dans les supermarchés, en restauration, etc. Donc oui, ça dépend des gens, ça dépend des situations, c’est plus ou moins difficile.

Mais ce que je sais avec certitude, c’est que la majorité des gens ne fait pas le début d’une esquisse d’espèce d’effort pour réduire au maximum leur consommation d’animaux jusqu’à la plus élémentaire « nécessité », et surtout pour REFLECHIR. Etre végétarien 95% du temps, 95% des gens en sont capables. Réduire sa consommation de viande, d’oeufs et de produits laitiers autant que possible, tout le monde peut le faire. Choisir de manger/acheter/cuisiner viande (mammifères, oiseaux, poissons et autres), oeufs et produits laitiers dès qu’on en a la possibilité, dès que le choix est offert, par habitude, ça n’est pas réduire au maximum sa consommation de produits animaux. Jeter de la viande à la poubelle parce qu’on a pris une trop grosse part, ou parce qu’on n’a plus trop d’appétit, ou parce qu’on a décidé de jouer avec des morceaux de chair, c’est-à-dire gâcher (et nier) la vie, la souffrance et la mort d’un animal au-delà même de l’immense gâchis initial, ça n’est pas faire un effort. Refuser de se renseigner, d’écouter, de lire, de regarder, ça n’est pas faire un effort. Déclarer que « Moi, je ne pourrai jamais (donc je ne vais même pas essayer de commencer). », ça n’est pas faire un effort. Eviter soigneusement le sujet avec tout le monde, pour ne pas avoir à débattre, pour ne pas se ridiculiser, ça n’est pas faire un effort. S’écraser devant la moindre pression sociale, la moindre contrainte, remplir son caddie de viande dès que possible, ne pas s’informer, ne pas chercher, ne pas réfléchir, ça n’est pas faire un effort… Et tout nier, avec la plus terrible mauvaise foi, nier tous les arguments pour l’abolition de la viande ou de l’exploitation animale, ou pour l’antispécisme, ou pour le végétarisme, ou pour le véganisme, nier les souffrances inutiles commises, nier la possibilité et la nécessité de l’évolution, simplement parce que soi-même on ne se sent pas capable de faire la transition… ça n’est pas faire un effort de réflexion. C’est se mentir, sans honte.

Et surtout, ce que je sais, c’est que plus le végétarisme et le véganisme seront développés, et plus la pression sociale se réduira, plus le milieu médical l’acceptera et s’y adaptera, plus les options végétales se multiplieront, plus les cas particuliers seront pris en compte par la société entière, et plus il sera simple POUR TOUT LE MONDE de faire la transition vers la végétalisation générale de notre alimentation à tous.

Alors ceux qui aujourd’hui préfèrent se mentir plutôt que réfléchir, admettre les réalités, faire de leur mieux, participer aux changements, qui refusent de faire leur part pour accélérer le mouvement, d’avancer progressivement… et  qui préfèrent tout nier en bloc sous prétexte qu’aujourd’hui, ils n’arrivent pas encore à dépasser ces contraintes… ça, non, je ne trouve pas ça acceptable. Le seul moyen de réfléchir honnêtement et d’évoluer, c’est d’admettre sa faiblesse et ses difficultés propres au lieu de chercher à les justifier par mille mensonges.

Pour résoudre un problème, il faut commencer par admettre le problème, pas le nier.

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Pourquoi personne.

Pourquoi suis-je Personne ? Pourquoi je ne suis personne ?

Je ne suis personne, pour une bonne et simple raison : La notion d’identité est une idiotie.

Bien. Bon. Là, j’ai résumé tout ce que j’avais à dire, mais ça ne serait peut-être pas une mauvaise idée de développer un peu. Même si je ne sais pas trop dans quel ordre…

Disons que la notion d’identité est une idiotie d’une part parce qu’elle est un concept faux, ensuite parce qu’elle est un frein pour l’évolution de nos croyances et comportements, et enfin parce qu’elle est un parasite pour l’évaluation honnête des messages transmis par autrui.

(Avertissement aux féministes : Ce texte n’est pas dégenré. C’était plus simple pour moi à écrire. Désolé.)

1) L’identité n’existe pas.

Personnellement, je n’ai jamais été très fan de la notion d’identité, parce qu’étant dépressif et phobique social, j’ai depuis fort longtemps :
- une personnalité effacée
- le sentiment de ne pas avoir grand chose d’humain étant donné mon incapacité à avoir une relation saine et simple avec un autre humain
- une capacité d’expression de mes émotions très mal réglée
- une attirance pour la mort (donc pour la fin de mon existence)
- la croyance régulière que je n’ai aucune compétence ou qualité
- et donc une énorme difficulté à déterminer ce que pourrait être mon identité, à part « rien ».
Voilà donc pour les raisons qui m’ont initialement amené à choisir « Personne » comme pseudonyme, ici et là sur internet, il y a de cela de longues années.
Mais vous aurez remarqué qu’avec la description que je viens de faire, je viens justement de jouer à me définir une personnalité, une identité, en décrivant de prétendus traits de caractère. Et je déteste ça, parce qu’en le faisant, je me mens. Je me mens parce que l’identité n’existe pas.

L’identité n’existe pas. On s’amuse à croire que des traits de caractères forment ce que nous « sommes ». Or, les traits de caractères évoluent avec les années. Les traits de caractères, les habitudes, les goûts, les croyances, les connaissances, les propensions à éprouver telle ou telle émotion plus ou moins souvent, plus ou moins facilement… tout ça évolue. Tout ça est une combinaison d’une éventuelle prédisposition à la naissance avec l’ensemble des événements vécus par la suite… Des événements qui vont nous amener à apprendre à maîtriser ou favoriser nos émotions dans un sens ou dans l’autre, qui vont nous faire acquérir telle ou telle connaissance, nous faire développer telle ou telle réflexion, modifier nos croyances, nos goûts… Toutes ces choses qu’on va, à chaque âge de notre vie, chérir comme faisant intrinsèquement partie de nous. Des choses qu’on refuse d’abandonner sous peine de mourir un petit peu. Des choses qu’on va entretenir, des goûts qu’on va affirmer pour souligner notre identité, pour pouvoir la montrer aux autres… Des choses qui évolueront pourtant sans cesse au fil des années, malgré notre volonté de « rester le/la même » pour ne pas mourir. On se mettra à mépriser celui qu’on était, ou le regarder avec condescendance, cet enfant naïf qui a appris tant de choses depuis ce temps… Ce même enfant, qui, quelques années plus tôt se croyait complet, terminé, mûr, sûr d’être le moi définitif qui ne pourrait pas changer, puisqu’il avait déjà décidé de la personnalité qu’il souhaitait avoir… On change constamment ce qui se trouve dans cette tête, tout en croyant bêtement que ce qui se trouve dans cette tête est « notre identité ».

Notre identité n’est pas perceptible. Elle n’est pas perceptible par autrui. Chacun se fait l’image qui l’arrange de nous, perçoit quelques bribes de ce qu’on veut bien lui transmettre, et se permet de croire que l’infime échantillon -de ce que notre comportement rend visible par rapport au foisonnement de ce qui bout en nous- est suffisant pour que l’image qu’il se fait soit juste, pertinente. Il n’a qu’une illusion de nous, et il a la prétention de croire nous connaître.
Et soi-même, on s’imagine se connaître. Quand la conscience n’est qu’une partie immergée de notre iceberg, et quand le déterminisme de soi est un paradoxe absurde. Je ne peux prévoir mon comportement futur, puisque je devrais alors nier mon libre-arbitre pour me décider déterminé par moi-même. Je ne peux pas prévoir mon comportement futur pour me dire ensuite à chaque instant « Je suis en train de faire ce que j’avais prévu que je choisirais de faire sachant ce que je connais de moi-même. ». Je peux, de mon point de vue, prendre des décisions « libres », mais pas me prévoir. Je ne peux prévoir qu’un système borné auquel je n’appartiens pas. Je ne peux pas connaître la totalité de ce qui me décide. Je ne peux pas connaître la cause de moi-même. Donc je ne peux pas me connaître.
C’est parce qu’une immense partie de moi m’est incompréhensible et inaccessible que je peux exister, être sentient, être conscient et faire des choix. Donc je ne peux pas connaître mon identité (quand bien même cette « identité » serait la photo de ma configuration mentale à un instant de ma vie).

Un cerveau n’est pas une identité. Un cerveau est un ensemble de programmes. D’idées, de réflexions, de connaissances, de désirs, etc. qui progressent, qui se perfectionnent ou se détériorent… et qui peuvent en partie se transmettre par le langage. Des éléments reproductibles à volonté dans les autres cerveaux. Et des élements qui sont, statistiquement, reproduits un nombre inquantifiable de fois dans d’autres cerveaux… Aucune idée, aucun goût, aucune réflexion, aucune connaissance ne se trouve en exemplaire unique dans un seul et unique cerveau. Tous ces élements, chaque exemplaire de ces élements est banal. Tout ce qui constitue un cerveau est terriblement commun, banal, a déjà été reproduit des centaines, des milliers, des millions de fois depuis l’apparition du premier cerveau… Rien n’est original. Un cerveau n’a pas d’identité. Une identité n’a rien « d’unique ».

Ce qui est unique, c’est mon existence, pas mon identité. Je suis unique parce que je suis le seul à être conscient, sentient, dans mon cerveau. Et personne d’autre ne partagera jamais cela avec moi. Je mourrai seul. Et parce que je suis seul en moi, je suis unique. Parce que je peux poser l’hypothèse du solipsisme, poser l’hypothèse que l’univers n’est que l’invention de mon esprit, je suis unique. Je suis unique parce que j’existe. Et non pas à cause d’une prétendue « personnalité », « identité ». Je suis moi. Pas les pensées ni les émotions qui me traversent.

Et parce que je n’ai pas de personnalité, d’identité, j’ai l’immense avantage de pouvoir évoluer, progresser, perfectionner mes programmes, améliorer la rigueur de mes réflexions, et travailler sur mes émotions pour réduire les parasites à mes réflexions. C’est parce que je n’ai pas d’identité que je peux avancer.

2) L’identité est un frein pour l’évolution.

L’identité, c’est de m’accrocher à mes goûts, mes plaisirs, mes pensées, mes croyances, mes habitudes, qui constituent l’image que j’ai de moi. Et de refuser de les abandonner. Par peur de souffrir. Par peur de me trahir. Par peur de devenir un autre, qui aurait tort, qui ne saurait plus penser, et qui trahirait les intérêts de celui que je suis aujourd’hui. Par peur de perdre tout ce que j’ai acquis aussi, tout ce que j’ai investi, le temps, les efforts, l’énergie, les sacrifices que j’ai faits, pour devenir ce que je suis aujourd’hui, obtenir ces connaissances, ces croyances, ces habitudes, qui servent mes intérêts d’aujourd’hui, et qui m’ont peut-être même rapproché.e d’un rêve que je m’étais fixé. Abandonner tout ça, c’est tout perdre, tout gâcher.

Si mon identité est une religion, une foi, alors la perdre revient à trahir tout ce en quoi j’ai cru jusqu’à aujourd’hui, ça revient à perdre tout ce que j’ai investi comme effort psychologique et émotionnel pour ressentir cette foi.

Si mon identité est mon insensibilité, ce que je crois être « mon courage », ma « force », ma « virilité », alors l’abandonner, c’est me rendre faible, c’est abandonner mon pouvoir, mon plaisir à abuser de ma force, m’accuser des maux que j’ai pu commettre par mon insensibilité, c’est me rendre faible, médiocre, inférieur, méprisable.

Si mon identité est mon pessimisme, mon cynisme, mon fatalisme, ce que je crois être mon réalisme, ma force, alors l’abandonner, devenir optimiste, c’est me perdre dans l’insouciance stupide et méprisable, même si ça doit m’apporter le plaisir de vivre, ce serait devenir mon pire ennemi, un être naïf.

Si mon identité est ma peur des autres, ma phobie sociale, celle qui m’amène à les fuir, à me convaincre que je suis mieux seul, loin de ces illusions qu’apportent les relations sociales, alors devenir sociable, c’est me mentir, c’est devenir un acteur, quelqu’un que je n’aime pas, faux, qui se laisse aller à la confiance aux autres, qui prend le risque de se faire trahir par autrui, un imprudent, un fou.

Si mon identité est un choix éthique, une valeur, l’honnêteté, l’honneur, le courage, le pacifisme, etc… alors l’abandonner, c’est prendre le risque de faire le mal, détruire quelque chose d’irréparable, par inconscience, commettre l’irrémédiable si je devenais autre.

Si mon identité est d’être un carnivore, un « loup », un « lion », qui aime la viande, alors abandonner la viande, c’est perdre ma force, ma puissance, devenir bête et faible, et perdre un goût, soit souffrir du manque, soit perdre ce plaisir de la viande, perdre une source de mon plaisir de vivre. M’imaginer ne plus aimer la viande, c’est me trahir.

Si mon identité est l’amour d’une personne, avec le plaisir que je ressens à l’aimer, alors perdre cet amour, c’est perdre cette source de plaisir, et trahir l’amour que j’ai ressenti jusqu’à présent, le rendre faux en le faisant disparaître puisqu’il ne pouvait être vrai que s’il était éternel, c’est aussi prendre le risque de faire du mal à la personne qui était jusqu’alors protégée par mon amour. C’est prendre le risque de trahir mes intérêts actuels, de manière irréparable.

Si mon identité est mon orientation sexuelle, alors je pose le dégoût sur le sexe ou le type de personnes qui ne m’attire pas. J’envisage la relation sexuelle avec ce sexe-là, ce type-là, comme quelque chose de répugnant, qui me torturerait, qui me salirait, qui me trahirait. Du moins, je peux envisager le chose de cette manière. Et si je vois les choses de cette manière, alors l’idée-même d’imaginer pouvoir trouver plaisir avec ce sexe, l’idée de faire évoluer mon attirance, d’imaginer devenir un autre, est elle-même répugnante. Faire évoluer mon orientation sexuelle est trahir celui que je suis aujourd’hui, c’est trahir les intérêts de celui que je suis aujourd’hui, c’est le salir, quand bien même cet autre, ce nouveau, y trouverait lui, de nouveaux intérêts. L’idée même de devenir sexuellement autre est inacceptable.

Si mon identité est l’inverse de ce que je crois devoir être pour admettre une idée, alors je n’évaluerai jamais cette idée honnêtement, soigneusement.

Mon identité, c’est également mon amour propre. C’est la fierté d’avoir des idées, d’être l’auteur de mes idées. M’attaquer sur mes idées, c’est attaquer mon identité, mon intelligence. M’attaquer sur mes idées, ou sur ma personne, c’est me mettre en colère. Et quelqu’un qui refuse d’écouter mes idées prouve qu’il n’est pas capable de m’apporter une nouvelle réflexion. Car je suis libre de mes réflexions. Je suis l’auteur de mes réflexions. Je n’écoute pas celui qui ne m’écoute pas, celui qui ne respecte pas mon identité.

Mais celui qui me loue, qu’il ait compris ou non mon idée, qu’il m’aime à cause d’une image qu’il s’est faite de moi au préalable ou non, alors oui, je lui suis reconnaissant de me montrer que j’ai raison. Je lui suis reconnaissant de valider mon idée au nom de mon identité. Il m’évitera de la remettre en question pour y voir des failles.

L’identité, c’est aussi l’humour. L’humour est un outil de hiérarchisation sociale. Celui qui rit à mon humour valide ma valeur intellectuelle. Si tous rient, souvent, à mon humour, ils élèvent mon statut dans le groupe. Ceux dont je ris sont les exclus du groupe, les ennemis, ou les inférieurs. Je me hiérarchise, moi, grâce à l’humour, je me hausse en moquant. Je prends plaisir à m’aimer, à aimer mon identité, par mon humour.
Et celui dont je ris le ressent. Celui dont je ris est attaqué dans son identité. Celui dont je ris ne peut plus m’écouter, mon message lui est inaudible, puisque nous faisons désormais partie de deux clans opposés. L’humour sert mon identité, mais ne sert pas mes idées, et ne sert pas à évoluer.

L’identité, c’est aussi un groupe, un clan. C’est se sentir noir ou blanc, femme, homme, ou transgenre, gay ou hétérosexuel, se sentir d’une nationalité ou d’une autre, d’une religion ou d’une autre, d’une (sous-)culture ou d’une autre, d’une espèce ou d’une autre… Croire en l’identité, c’est renforcer les barrières conscientes ou inconscientes qui nous permettraient d’établir une réelle empathie avec autrui, pour accéder à un réel égalitarisme.

3) L’identité est un parasite pour l’évaluation honnête d’un message transmis par autrui.

J’identifie autrui, et je lui donne une identité. Si elle est proche de la mienne, je peux l’écouter.
Si elle est lointaine, je me permettrai peut-être d’expliquer ses différences de comportements, de choix, d’idées par notre différence d’identités, et je ne chercherai pas forcément à le comprendre.
Si elle est opposée, il faudra alors que j’analyse son identité pour y voir ses motivations, pour comprendre si ses motivations biaisent sa réflexion.
Une fois que j’aurai identifié autrui, que j’en aurai déduit ses motivations, alors il ne me restera plus que ça à voir : Ses motivations. Ses idées, ses messages, disparaîtront. Je ne verrai plus que ses motivations. Si ses motivations, celles que j’ai identifiées, sont opposées au miennes, je lui refuserai la sincérité, la bonne foi, l’authenticité. Je ne verrai plus en face de moi qu’un menteur qui ne veut pas m’écouter, un ennemi que je peux mépriser, dont les messages ne m’intéressent pas. Je me moquerai, et il ne m’écoutera plus.
Si, sans être foncièrement opposées aux miennes, les motivations que je lui attribue m’énervent, si je vois dans ses motivations le simple désir de mettre en avant son identité, ou de mépriser/juger/rabaisser la mienne, si j’y vois une menace pour mon identité, je perdrai tout intérêt pour ses idées… Pour me protéger, je ne les écouterai plus. Je me fermerai à son message.
Et si, dans ses motivations, j’y vois un désir de me transformer, alors bien sûr, j’y verrai la pire des menaces. Et bien sûr, j’écouterai encore moins.

En conclusion : L’identité, c’est le caca.

(Brotip : La solution généralement proposée pour un échange fructueux, c’est de :
- toujours respirer un grand coup pour expirer l’énervement dès qu’il apparaît, travailler à identifier et dépasser ses propres peurs, accepter ses propres erreurs, sa propre imperfection, ses propres failles inconscientes aussi douloureuses soient-elles. Bref, faire taire son amour propre aussi souvent que possible.
- éviter d’utiliser l’humour pour se moquer d’autrui, et plutôt garder à l’esprit qu’autrui a toujours beaucoup plus en commun avec soi qu’on accepte de le croire, et qu’il a beaucoup à nous apporter.)

(Personnellement, je suis totalement incapable d’accepter le deuxième point.)

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Pouf, pouf, pouet, pouet.

Le végétarisme/véganisme n’est pas une identité, foutre dieu !

Le végétarisme/véganisme est l’abandon d’une habitude inutile qui a des conséquences terriblement néfastes. C’est un choix maintes fois documenté. Un choix logique qu’on devrait tous faire. Comme choisir de marcher dans la rue sans donner des coups de pieds aux enfants : On pourrait appeler ça le « pacipodopédisme », si vous voulez. Je suis vegan et pacipodopédiste. Et toutes les personnes que je connais sont pacipodopédistes. Toi, lecteur, tu es pacipodopédiste. Le pacipodopédisme n’est pas plus une identité que le végétarisme/véganisme !
Le végétarisme/véganisme, c’est une outil de militantisme pour la libération animale par le boycott d’une industrie non-éthique, l’exploitation animale. On n’a pas un mot pour tous les boycotts d’une industrie ou d’une autre, et pourtant il existe quantité de boycotts possibles ! Les boycotteurs de l’huile de palme ont-ils l’identité de « antipalmiste » ? Se font-ils tatouter « Antipalmiste » sur le torse ? Non.
Hé bien, le végétarisme/véganisme, ça n’est rien de plus que ça. Il y a juste un mot pour désigner ce boycott, pour simplifier, pour que les autres y réfléchissent. Et quand on commence à y voir une identité, c’est là qu’on perd tout le message, qu’on se met à tout mélanger. Et le jour où l’identité commence à nous gêner, parce que d’autres portent le même patronyme et qu’on n’aime pas l’identité qu’ils dégagent, parce qu’on se trouve bafoué de notre identité, on se met à croire qu’on ne veut plus être végétarien/végan, pour ne pas être comme les autres… parce qu’on n’a rien compris.

Hé bien non. Il n’y a pas de notion d’identité là-dedans. Je ne mange pas les animaux, et je boycotte autant que possible l’exploitation animale, parce que je n’ai aucune raison de participer à ça, parce que c’est un outil efficace pour diminuer la souffrance animale infligée par les humains, et parce que je pense que ça peut faire partie d’une stratégie à grande échelle pour tendre vers une diminution maximale de l’exploitation animale. Si on arrive à l’abolition totale, alors tant mieux. Si on n’y arrive pas, au moins j’aurai essayé, et je n’aurai rien à regretter. J’aurai au moins fait tendre les choses dans le bon sens.
Il n’y a pas d’identité là-dedans. C’est une réflexion rationnelle, un choix éthique réfléchi en vue d’optimiser les moyens qui sont à ma disposition. Chercher à rendre ma vie la plus utile possible. Et c’est aussi satisfaire ma curiosité : Oui, je veux voir à quoi ressemblerait un monde végétarien, un monde où les humains ne mangeraient plus les autres animaux pour le plaisir. Oui, j’aimerais voir à quoi ressemblerait une société humaine dotée d’une conscience antispéciste plus développée qu’aujourd’hui.

Et mon identité n’a rien à faire là-dedans. Je n’ai pas d’identité. Je peux mourir demain accidentellement, disparaître, être oublié de tout le monde dans cinq ans, je m’en fiche. Ca m’arrangerait presque. Cette réflexion est objective, absolue, indépendante de ce que je suis ou ne suis pas.

Publié dans Cérébralité, Grandissime | 2 commentaires

A l’étroit

Publié dans Gribouillis, Rorschach | Laisser un commentaire

Avis de recherche

Bon, ça fait un moment que j’y pense, donc voilà :
Il y a environ 8 ans, j’ai perdu contact avec Aurélie Motte, née en Août 1985, ayant vécu à Marmande. Elle a déménagé et son adresse email est désactivée. Je n’ai pas réussi à la retrouver par Google, Facebook ou Copains-D’Avant. Du coup, je m’inquiète.
J’aimerais juste avoir des nouvelles, savoir si elle va bien. Elle ne devrait pas avoir de mal à me reconnaître d’après mon pseudo.
Donc voilà, si quelqu’un la connaissant tombe par hasard sur cet article en la googlant, merci de me faire signe.

Publié dans Sans intérêt | Laisser un commentaire

tumblr

Youpi, j’ai fait une page tumblr.

Parce que moi aussi, je trouve que la même blague répétée à l’infini est toujours aussi drôle au bout de la 1000 ème fois.

C’est un tumblr de gif animés. Mais faut les animer dans votre tête.

Quand je me lève le matin.

Quand je mange du pain.

Quand je marche dans la rue.

Quand y a des pubs à la télé.

Quand je conduis ma voiture.

Quand on me dit bonjour.

Quand je suis fatigué.

Quand quelqu’un me dit un truc super intéressant.

Quand c’est le jour des frites.

Quand le téléphone sonne.

Quand je regarde un tumblr de gif animés « Quand je », « Quand tu », « Quand elle/il »…

Publié dans Chaos, Gribouillis, Rorschach, Sans intérêt | 2 commentaires

Vide

Ranafout que c’est moche. J’ai mis moins de dix minutes à chier ce truc.

Publié dans Gribouillologie, Rien | 2 commentaires

Désespérant

Il est très tard.
Je viens de tomber sur un blog qui « philosophe » sur le welfarisme et ce que pourrait être une mise à mort éthique… Je trouve ça désespérant. Un blog d’une américaine diplômée de philosophie, qui a des amis végétariens, mais ne veut pas devenir végétarienne, parce que ça serait faire comme les autres, alors voilà, et puis zut. Donc elle cherche d’autres solutions, grâce à sa grande philosophie.

Je rappelle, à tout hasard, qu’on peut parfaitement vivre sans manger d’animaux, tout en restant en pleine forme et en continuant à prendre au moins autant de plaisir à manger.
Que, donc, manger des animaux n’apporte rien mais détruit beaucoup, inévitablement.

Alors ce genre de blogs, ça me fait un peu penser à un philosophe qui s’interrogerait encore et encore, par exemple, sur ce que l’on doit faire pour commettre un viol éthique. Est-ce éthique de violer quelqu’un, femme, homme, enfant, pendant son sommeil si il/elle ne s’en aperçoit jamais ? Est-ce que le GHB est éthique, finalement, si on fait ça bien ?… Hum, hum… Bonne question… Vu que je suis en manque de sexe depuis un très long moment, et que je vais donc être forcé de violer quelqu’un, j’ai intérêt à prendre cette question très au sérieux…

Ou, autre question, y-a-t-il des moyens de tuer éthiquement un humain ?… Est-ce qu’on ne pourrait pas, par exemple, adopter voire kidnapper des enfants, les rassurer et les choyer un moment, puis durant leur sommeil les assommer au chloroforme, avant de leur trancher la gorge ?… Ils mourraient sans souffrance ni peur, ça serait tout à fait intéressant, ça serait très humain, comme façon de faire, tout en apportant au tueur le terrible plaisir, l’immense fascination et l’enrichissement intellectuel infini de commettre l’acte… L’un dans l’autre, le bilan souffrance/plaisir est positif… Hum, hum… Réflexion philosophique tout à fait intéressante…

Quelque part, c’est aussi intéressant que de décider d’acheter un pistolet et de réfléchir à qui tuer pour faire le moins de mal possible. C’est une réflexion fascinante. Ou même, tiens, vu que j’ai un couteau chez moi, qui est-ce que je dois tuer et comment pour faire le moins de mal possible ? Vu que j’ai un couteau, je suis obligé de tuer quelqu’un ce mois-ci, donc j’ai intérêt à réfléchir longtemps longtemps longtemps, parce qu’il faut quand même que mon meurtre soit éthique au maximum, hein, donc bon… Je suis quelqu’un de sérieux et rigoureux, je suis intelligent, je suis un philosophe, moi, je fais des choix réfléchis. Je vais pas tuer n’importe qui, merde.

Dexter, ce tueur psychopathe éthique, devrait écrire des bouquins de philo, tiens, ça serait passionnant.

Humains, vous êtes de vrais malades. Vraiment. Des tarés.
Des vrais gros tarés, dangereux, terrifiants et néfastes.
J’ai envie de pleurer.

Publié dans Les personnes qui ne se mangent pas., Sans intérêt | 4 commentaires

Loving Hutt

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Les végétariens ont tort.

Vous mangez de la viande, n’avez pas l’intention d’arrêter, et les végétariens militants vous énervent.
Donc les végétariens militants ont tort.
Si les végétariens ont tort, vous affirmez donc que :

Tuer et manger des êtres sensibles, quels qu’ils soient et en toute circonstance, est toujours normal, naturel et nécessaire.

Si vous n’avez pas l’intention d’arrêter la viande, il est absolument impossible que cette phrase vous choque ou vous irrite, car vous en êtes en accord avec chacun de ses mots.

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Je suis incohérent.

Dire : « Je suis incohérent. » …
- ça n’est pas dire : « Il y a un problème, mais je ne sais pas comment le résoudre. »
- ça n’est pas dire : « Je cause des maux, je fais de mon mieux pour les éviter, mais je ne sais pas comment faire encore mieux. »
- ça n’est pas dire : « Je cherche à faire ce que je peux, à faire au mieux, mais j’ai aussi besoin de poser certaines limites, plus ou moins au hasard peut-être, pour continuer à vivre. »
- ça n’est pas dire : « Je sais qu’il y a un problème, je fais tout mon possible, mais j’ai encore des pressions à déjouer, des contraintes à résoudre, des oppositions à affronter, des solutions pratiques à apprendre pour faire mieux. »
- ça n’est pas dire : « Il y a un problème à résoudre collectivement. Mais personnellement, je fais aussi bien que je peux avec les moyens dont je dispose actuellement. »
- ça n’est pas dire : « Je fais rationnellement ce qui est le mieux, en connaissance de cause, en tenant compte de toutes les informations qui sont à ma disposition et toutes les réflexions que j’ai pu avoir. »

Non.

Dire : « Je suis incohérent. » , c’est dire : « Je sais manifestement des choses qui ne peuvent que m’amener à choisir rationnellement cet autre comportement. C’est nécessaire. Et je sais précisément pourquoi et comment faire. Or je ne le fais pas. Donc je suis complètement taré. Il faut que je change. Tout de suite. »

Alors, au prochain qui me dit : « Je suis incohérent. » … Je lui réponds : BOUGE-TOI LE CUL ! TOUT DE SUITE !

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Viande = pas très bien

Photo récupérée sur le site de L214 (enquête dans les abattoirs Charal en 2008).

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